"Oreilles immenses et blanche queue touffue,
Le hâtif rongeur s'élance, museau en avant.
Le pelage soyeux, lustré, entretenu,
Dans les prairies en fleurs se presse Lapin Blanc.
Alice en dansant fait voler ses boucles blondes,
Décoller ses jupons sautiller ses rubans,
Entraînant le monde dans sa joyeuse ronde,
Les yeux brillants de toute sa candeur d'enfant.
Epousant l'innocent reflet de ses grands yeux,
Les eux limpides et rivières de cristal
Glissent avec l'insouciance des jours heureux,
Dans un décor sucré d'où est est absent le mal.
A travers les porches gracieux des arcs-en-ciel
Eclot à l'aube un soleil aux rayons dorés,
Déployant de chauds pétales de lumière, tels
Les mille couleurs de fleurs en papier mâché.
Et sous la berceuse des nuages violets,
A l'ombre tendre de maisons de pain d'épice,
S'écoulent de doux fleuves de miel et de lait,
Répandant des fragances de rose et de lys.
Au milieu des prairies a courru Lapin Blanc,
Bondissant parmi les herbes grasses des champs,
Mais ses pattes légères, vives comme le vent,
N'ont hélas pas su déjouer la course du temps.
Une ombre frêle aussi hante les bois brumeux.
Dans les sombres recoins de sa mélancolie,
La tristesse posant un voile sur ses yeux,
Elle erre telle un spectre rongé par l'ennui.
Attendant la mort comme une délivrance,
Alice marche seule et sourit aux corneilles.
Sans autre but elle fuit sa morne existence,
Les cheveux gris, le dos voûté car elle est vieille."
Bienvenue au Pays des Merveilles.
Texte de moi, image avenir également. Soon...)