Une année qui se termine. Un cycle qui s'achève; et la boucle est bouclée.
J'ai des souvenirs plein la tête, des larmes plein les yeux.
Ces jours-là sont morts à jamais. Ma mémoire dépose un voile transparent sur ces instants fanés; mon regard s'y perd, les embrasse, les épouse.
Et le voile nuptial se changera bien assez tôt en linceul opaque; car le temps me glisse entre les doigts comme une étoffe trop lisse.
Les images sont déjà figées, rigides, comme sur du papier glacé. Les sentiments envolés.
Je me sens vidée. Un manque tenace, douloureux.
Je devrais aller de l'avant, là où mes fantômes me rattrapent.
Je voudrais m'attarder un instant sur le sentier de la vie, prendre le temps de tourner la tête pour contempler le chemin parcouru. Faire enfin le deuil de ce que j'ai laissé derrière moi.
Mais dans ce jeu cruel il est interdit de revenir sur ses pas, et déjà au loin le décor se fait flou.
Et la règle immuable demeure:
La mémoire n'est rien sans l'oubli.
[Texte de moi, pas l'image]